D’HYPALLAGES

Accueil

Définition. Une hypallage est une figure de style qui attribue à un ou plusieurs mots d’une phrase ce qui devrait logiquement être rattaché à d’autres termes de cette phrase (sans qu’il soit possible de se méprendre sur le sens de l’énoncé). Ce procédé syntaxique crée des images inattendues, souvent étranges.

 

 

 

 

 

« Faites comme chez vous, Commissaire. Je sens que votre visite va me rendre à la vie.

– Hypallage un peu hâtif, Mademoiselle. (Accord correct : hâtive)

– Simple métasémème… »

Et si sétait niais – Pascal Fioretto

 

« Je suis d’un pas rêveur le sentier solitaire »

L’automne – Alphonse de Lamartine

 

« Comme des lyres, je tirais les élastiques

De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur ! »

Ma Bohème – Rimbaud

 

« Celui-là avait une tête de moine défroqué, et, dans l’eau verdâtre de ses yeux troubles, des pensées de quinquagénaire ambivalent… »

Coupable – Erwan Séry

 

« … ses longs cheveux noirs épars sur un visage crispé, une bouche étirée, un joint agité entre ses doigts fumeux… »

Coupable – Erwan Séry

 

« Quel spectacle de voir un flambeau qui se plaint ; une torche qui crie ; un homme qui s’éteint ; une clarté meurtrière ; une flamme sanglante… »

Poésies – Pierre Le Moyne

 

« Un vieillard en or avec une montre en deuil

[…]

Un hussard de la farce avec un dindon de la mort »

Cortège – Jacques Prévert

 

« Ce marchand accoudé sur son comptoir avide »

Les Chants du crépuscule (VIII) – Victor Hugo

 

« …

Ce lieu me plaît, dominé de flambeaux,

Composé d’or, de pierre et d’arbres sombres,

tant de marbre est tremblant sur tant d’ombre »

Le Cimetière marin – Paul Valéry

 

 « Le long du vif ruisseau sableux je cueillerai

La menthe, dont l’odeur s’écrase sous les doigts »

La jeune fille nue – Francis Jammes

 

« J’aspire, volupté divine !

Hymne profond, délicieux !

Tous les sanglots de ta poitrine. »

Madrigal triste – Baudelaire

 

« Ils allaient obscurs sous la nuit solitaire parmi l’ombre, à travers les palais vides de Dis et son royaume d’apparences… »

Énéide (L’) – Virgile

 

« Je ne puis estimer ces dangereux auteurs

[…]

Trahissant la vertu sur un papier coupable… »

L’Art poétique (Chant IV) – Nicolas Boileau

 

« Dans la joie, ô Pierre de Craon, je m’endors, et je me réveille, et je me rendors dans la joie. Que je sois pleine de plus de joie,

Afin d’en apporter à celui que j’aime davantage. »

La jeune fille Violaine – Paul Claudel

 

 

À vous d’identifier maintenant les hypallages et/ou de nous en envoyer.

 

« Mordant au citron d’or de l’idéal amer. »

L’Art poétique (Chant IV) – Stéphane Mallarmé

 

« Larguez les continents. Hissez les horizons. »

L’Avalée des avalés – Réjean Ducharme

 

« – J’ai fait provision d’herbe et d’eau rapide »

Pensées sous les nuages – Philippe Jaccottet

 

« Que l’enfant blanc et l’enfant noir – c’est l’ordre alphabétique –, que les enfants de la France Confédérée aillent main dans la main [...] Qu’ils progressent et grandissent souriants, mais terribles à leurs ennemis comme l’éclair et la foudre ensemble. »

Prière des Tirailleurs sénégalais, in Hosties noires – Léopold Sédar Senghor

 

« Comme un qui s’est perdu en la forêt profonde
Loin de chemin, d’orée et d’adresse et de gens
[...] j’avais perdu longtemps
Voie, route et lumière [...]
Mais quand on voit (ayant ces maux fini leur tour)
Aux bois, en mer, aux champs, le bout, le port, le jour,
Ce bien présent plus grand que son mal on vient croire.
Moi donc qui ai tout tel en votre absence été,
J’oublie en revoyant votre heureuse clarté,
Forêt, tourmente et nuit, longue, orageuse et noire. »

Sonnets – Etienne Jodelle

 

^

 

EXEMPLES